De nouveaux défis pour les écoles de DRH – Les Echos.fr

Sur fond de crise, le contexte a changé, plongeant les professionnels des ressources humaines dans la tourmente. Sur leurs agendas, les priorités s’enchaînent, concernant les seniors, les retraites, l’égalité homme-femme ou le handicap… Et sur le terrain, ils sont en première ligne. Alors que les augmentations salariales restent faibles et que le marché de l’emploi est frileux, les relations sociales se tendent et des conflits s’enveniment.

Depuis fin avril, plusieurs DRH ont été séquestrés chez l’industriel Thomson Grass Valley, chez Vigimark Surveillance, chez l’équipementier PTPM ou encore dans l’usine automobile d’EAK. Sans compter que dans les entreprises, les professionnels semblent un peu désarçonnés par le stress des salariés, un mal longtemps resté tabou. «  La fonction RH se durcit. Et les attentes des salariés sont plus fortes », reconnaît Sabine de Villoutreys.

Depuis quelque temps, les repères ont volé en éclats. D’ailleurs, tour à tour, PSA, AXA, Vinci, Accor, Air Liquide, Thales, Adecco, Cap Gemini, Dexia et, il y a quelques jours, Microsoft, ont changé de DRH. Certains ont été promus, comme Serge Morelli, devenu PDG d’AXA Assistance, ou Claire Pedini, qui a troqué ses fonctions chez Alcatel-Lucent pour un poste de DGA chez Saint-Gobain.

Ces bouleversements se traduisent-ils sur les bancs des écoles ? Ces dernières années, les formations à ces métiers étaient consacrées à hisser le DRH au rang de « business partner », capable d’aligner les ressources humaines sur la stratégie de l’entreprise. Qu’en est-il aujourd’hui ? La nouvelle donne bouleverse-t-elle l’architecture savante des formations aux RH ?

La question agacerait presque Franck Bournois, codirecteur du master gestion des RH et relations sociales du Ciffop (université de Paris Panthéon-Assas). A ses yeux, la prévention du stress, par exemple, concerne toute l’entreprise, son organisation, ses méthodes de management : «  Bien sûr, nous faisons de la place à ce thème dans les cours de droit et de gestion, qui constituent le socle des connaissances techniques à acquérir. Mais nous n’ouvrons pas nos portes à des psychologues ou médecinsDe même, nous n’allons pas passer tout notre temps sur le Web 2.0 ! »

Les écoles restent donc prudentes et se gardent de suivre tête baissée les emballements médiatiques ou de courir derrière la dernière marotte, telle le DRH stratège. « Il faut, certes, intégrer les enjeux sociétaux dans l’enseignement mais à une juste place. Cela fait déjà un moment que les formations abordent les questions de santé au travail qui ne se résument pas au stress, estime Michel Yahiel, président de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). Attention à ne pas céder aux effets de mode : un jour la diversité, un autre le stress, et demain… ? »

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